L’histoire de la faïencerie de Fives-Lille : un trésor du Nord de la France
- Carole Duprez

- 15 oct. 2025
- 2 min de lecture
Installée dans le berceau industriel du Nord de la France, la faïencerie de Fives-Lille a marqué le paysage des arts décoratifs au XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle. Moins connue que ses consœurs de Gien, Desvres ou Sarreguemines, elle a pourtant contribué à populariser la faïence utilitaire et décorative dans les foyers français. Son histoire est intimement liée à celle de la révolution industrielle et à l’essor de Lille comme centre artisanal et manufacturier.

Les origines de la faïencerie de Fives-Lille
La faïencerie de Fives-Lille naît dans la deuxième moitié du XIXᵉ siècle, dans le quartier de Fives, à l’est de Lille.
À cette époque, la région est un haut lieu de l’industrie céramique et métallurgique, favorisé par la proximité des voies ferrées et des bassins houillers.
Plusieurs petites manufactures s’y installent pour répondre à la demande croissante en vaisselle, carreaux, objets de table et éléments décoratifs.
La Faïencerie de Fives-Lille s’impose rapidement par la qualité de ses émaux et la variété de ses décors.
La production et les décors caractéristiques
La faïencerie produisait une large gamme d’objets :
Services de table (assiettes, plats, saucières, bols)
Pichets et cruches décoratives
Carreaux de faïence destinés à la décoration murale et aux cuisines
Pièces ornementales (vases, vide-poches, plats à motifs)
Les décors floraux et géométriques, typiques du style régional, côtoyaient des inspirations naturalistes et parfois Art Nouveau à la fin du XIXᵉ siècle.
Certaines pièces étaient signées “Fives-Lille” ou marquées du simple mot “Fives”, souvent accompagné d’un monogramme ou d’un cartouche ovale.
Le contexte industriel et les liens avec la métallurgie
Fives-Lille n’était pas seulement une faïencerie : le nom est aussi associé à un grand groupe industriel fondé en 1861, spécialisé dans la construction mécanique (les Ateliers de Fives-Lille).
Bien qu’indépendante dans sa production de faïence, la manufacture bénéficiait de l’essor économique de ce secteur.
La faïencerie profite donc du développement urbain et de la classe moyenne, friande de vaisselle de qualité à prix abordable.
L’évolution et le déclin
Au début du XXᵉ siècle, la concurrence des grandes manufactures (Sarreguemines, Lunéville, Digoin) fragilise les petites structures locales.
La faïencerie de Fives-Lille ralentit progressivement sa production dans les années 1930, avant de disparaître après la Seconde Guerre mondiale.
Ses productions deviennent alors des pièces de collection, souvent méconnues, mais recherchées pour leur cachet régional et leur charme rustique.
Les pièces de Fives-Lille aujourd’hui
Les assiettes, plats et pichets signés “Fives-Lille” sont rares mais régulièrement visibles sur les brocantes du Nord.
Les amateurs apprécient la qualité des glaçures et les décors floraux peints à la main.
Ces objets témoignent d’un artisanat populaire typique du XIXᵉ siècle, entre fonctionnalité et décoration.
La faïencerie de Fives-Lille illustre à merveille l’union entre tradition artisanale et modernité industrielle du Nord de la France. Si elle n’a pas connu la renommée de Gien ou de Sarreguemines, elle a néanmoins laissé une empreinte durable dans la mémoire régionale. Aujourd’hui, ses pièces ressurgissent sur les marchés et les brocantes, rappelant le savoir-faire oublié d’une époque florissante.



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