top of page

L’histoire de la faïencerie de Fives-Lille : un trésor du Nord de la France

Installée dans le berceau industriel du Nord de la France, la faïencerie de Fives-Lille a marqué le paysage des arts décoratifs au XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle. Moins connue que ses consœurs de Gien, Desvres ou Sarreguemines, elle a pourtant contribué à populariser la faïence utilitaire et décorative dans les foyers français. Son histoire est intimement liée à celle de la révolution industrielle et à l’essor de Lille comme centre artisanal et manufacturier.



Les origines de la faïencerie de Fives-Lille

  • La faïencerie de Fives-Lille naît dans la deuxième moitié du XIXᵉ siècle, dans le quartier de Fives, à l’est de Lille.

  • À cette époque, la région est un haut lieu de l’industrie céramique et métallurgique, favorisé par la proximité des voies ferrées et des bassins houillers.

  • Plusieurs petites manufactures s’y installent pour répondre à la demande croissante en vaisselle, carreaux, objets de table et éléments décoratifs.

  • La Faïencerie de Fives-Lille s’impose rapidement par la qualité de ses émaux et la variété de ses décors.


La production et les décors caractéristiques

  • La faïencerie produisait une large gamme d’objets :

    • Services de table (assiettes, plats, saucières, bols)

    • Pichets et cruches décoratives

    • Carreaux de faïence destinés à la décoration murale et aux cuisines

    • Pièces ornementales (vases, vide-poches, plats à motifs)

  • Les décors floraux et géométriques, typiques du style régional, côtoyaient des inspirations naturalistes et parfois Art Nouveau à la fin du XIXᵉ siècle.

  • Certaines pièces étaient signées “Fives-Lille” ou marquées du simple mot “Fives”, souvent accompagné d’un monogramme ou d’un cartouche ovale.


Le contexte industriel et les liens avec la métallurgie

  • Fives-Lille n’était pas seulement une faïencerie : le nom est aussi associé à un grand groupe industriel fondé en 1861, spécialisé dans la construction mécanique (les Ateliers de Fives-Lille).

  • Bien qu’indépendante dans sa production de faïence, la manufacture bénéficiait de l’essor économique de ce secteur.

  • La faïencerie profite donc du développement urbain et de la classe moyenne, friande de vaisselle de qualité à prix abordable.


L’évolution et le déclin

  • Au début du XXᵉ siècle, la concurrence des grandes manufactures (Sarreguemines, Lunéville, Digoin) fragilise les petites structures locales.

  • La faïencerie de Fives-Lille ralentit progressivement sa production dans les années 1930, avant de disparaître après la Seconde Guerre mondiale.

  • Ses productions deviennent alors des pièces de collection, souvent méconnues, mais recherchées pour leur cachet régional et leur charme rustique.


Les pièces de Fives-Lille aujourd’hui

  • Les assiettes, plats et pichets signés “Fives-Lille” sont rares mais régulièrement visibles sur les brocantes du Nord.

  • Les amateurs apprécient la qualité des glaçures et les décors floraux peints à la main.

  • Ces objets témoignent d’un artisanat populaire typique du XIXᵉ siècle, entre fonctionnalité et décoration.


La faïencerie de Fives-Lille illustre à merveille l’union entre tradition artisanale et modernité industrielle du Nord de la France. Si elle n’a pas connu la renommée de Gien ou de Sarreguemines, elle a néanmoins laissé une empreinte durable dans la mémoire régionale. Aujourd’hui, ses pièces ressurgissent sur les marchés et les brocantes, rappelant le savoir-faire oublié d’une époque florissante.


Commentaires


bottom of page